dimanche 26 septembre 2010

Travail des mots

Travail des mots

 

 Le travail enchanté ciselé des mots

Pour que  puisse s’arrêter ce penser échevelé

Et cesser que réveille

Ce qui tant blesse.

 

N’éveille à sa pensée

Que ce qui serait né

Un très doux jour d’avril,

Sans pas plus annoncer et lors sans menacer

Ce qui commence.

 

Comme, comme

Serait un rêve

Pour l’esprit échauffé,

Essoufflé et lancé !

 

Comme, comme

Serait- ce espérer !

Et la simplicité, et la fragilité

Assumées, bercées.

 

Les mots balanceraient ;

Le cœur très haut irait alors

Et rirait de jouir

De l’air attrapé

Comme la queue agitée au manège

Où gagner tant de tours enivrants.

 

Et foncer en guirlande dans les grands toboggans

Qui font tourner tout seul et gagner la vitesse.

 

Et toujours et encore

Savoir recommencer,

Et mettre à plaisir

De la joie là où vas,

 

Là où tu peux la prendre

A pleines mains sans savoir

Et la voir t’embrasser

Et embrasser aussi ceux que tu sais vivants.

 

Voilà, tu le verrais dans ce cristal d’un vent

Lumineux au matin et briller sur la fine épine

Transparente d’une herbe en son bouquet.

 

 

 

Et tu ramasserais

Quelque odeur bruissante

Que tu rapporterais et filerais en tes mots.

 

Repartirait enfin en ton cœur

Le doux tintement grinçant du rouage puissant

Qui s’en tourne puisant l’eau…et puis va la vidant.

                                                                                 

 

 

                                                                             

Petit bol gris

 Petit bol gris

 

Le petit bol gris n’a pas d’odeur

Pas de fruit, de cerises

Presque pas de couleur.

 

« Petit bol gris

A celui qui t’offrit,

Merci…

A celui qui te prit

Bien l’en a pris… »

 

« Petit bol gris

Pour qui appris-tu

Devenir si précieux,

Par qui appris ? »

 

Qui te tient

Façonné en sa main

Bien devient

Et levain et devin.

Mais rien aussi.

 

Tu joues avec précaution

Sur le côté de l’évier

A t’égoutter, perle après perle

Qui suivent, lentes, ton arrondi

A peine grain, si fin !

 

Je ne connais pas ta matière

Je te porte avec douceur.

Fais attention !

Je te pose sans jamais m’oublier.

 

Petit bol gris n’a point d’odeur

Hormis celle qui le noircit soudain,

De café marron foncé, de fumée.

 

Je l’offre avec ferveur

A celui qui en a envie.

 

L’autre petit bol gris

Est là aussi.

Deux mais c’est tout

Seuls sans odeur

Tout de pâleur.

 

 Sur le pavé si tu tombais

Te briserais,

Morceaux gris après morceaux gris

Sur le sol rouge...

 

Tu ignorerais

Tout ce qui tournerait

Basculerait, plongerait

Sourdrait du bruit

Déjà plus qu’un souvenir.

 

Tu ne ferais pas le poids !

 

Et lors je ramasserais

Une de tes larges écailles.

Du nez je l’approcherais

Et ton parfum si je cherchais oui,  me viendrait.

 

« Petit bol en tout secret

Tu tiens ton odeur ravine

Tu ne sais plus d’où elle te vient

D’où tu la tiens. »

 

Elle viendrait râpeuse se frotter

Comme la pierre du plus doux des plaisirs

A l’air qui vient la rencontrer.

 

On pourrait dire : «  tu parles alors ? »

Non,

Rien que l’intime souffrance

De t’avoir perdu petit bol.

 

Tu repartirais dans l’oubli

De qui t’offrit

De qui te prit.

On ne dirait plus

« Petit bol gris »

 

 Où est-il

L’esprit

Qui te fit ?

                                                                      

Pastel 1

Pastel 2

Pastel 3

Pastel 4

Pastel 5